
Introduction / Elissa Poole
| Herl, 2003 - Martin Arnold Herl n’est pas un néologisme, ni même un verbe. Herl, ce sont les barbelures d’une plume dont on orne les mouches à pêche, et c’est le nom que porte cette composition, écrite pour Eve Egoyan avec admiration et gratitude. ~MA Une commande d’Eve Egoyan, Herl a été rendu possible par l’appui du Conseil des arts du Canada. To Weave (a meditation), 2003 - James Tenney Des vagues pour Eve, vague après vague, petites vagues sur le dos de plus grandes, et cætera, mais calibrées de façon à ce que leur sommet corresponde à celui de la proportion divine. To Weave tisse une toile polyphonique à trois voix, au contrepoint dissonant, clin d’oeil respectueux en direction de Carl Ruggles et de Ruth Crawford Seeger. Enfin, une méditation portant sur la dimension merveilleusement physique et l’incontournable spiritualité de tout acte de création musicale. ~JT Une commande d’Eve Egoyan, To Weave a été rendu possible par l’appui du Conseil des arts du Canada. Metaphonesis, 2001 - Jo Kondo J’ai du respect pour tous les sons qui composent la musique. Chaque son doit être une entité propre, avoir sa propre vie. En soi, le son n’est pas tout à fait musique. Dans mes compositions, je crée un réseau de relations inter-tonales, tout en m’efforçant de préserver la possibilité de percevoir, à l’oreille, l’entité et la vie de la moindre note (ou du moindre accord) à l’intérieur de cette relation, car c’est cette relation qui transforme le son en musique. Le titre de cette composition, Metaphonesis, sous-tend cette croyance. Cette oeuvre pour piano est dédiée à Eve Egoyan. ~JK Une commande d’Eve Egoyan, Metaphonesis a été rendu possible par l’appui financier du fonds Japon-Canada et du Conseil des arts du Canada. ERIK SATIE, like anyone else, 2002 - Michael Finnissy Satie, like anyone else, mais pas comme n’importe qui. Pas tout à fait chez lui. S’évadant dans sa musique. Voix du plain-chant, ritualiste, innovateur, féru de ragtime et de two-step américains. Un classiciste, doté d’un sens inné du contrôle et de l’équilibre. Gardant ses distances hiératiques. Le Chabrier wagnérien de «Gwendoline» (les orgies mystiques de Sâr Péladan), la discipline de la Schola Cantorum (ces étranges objets de curiosité), les allusions secrètes et les souvenirs troublés, qui resurgissent de façon impromptue, comme ceux de n’importe qui. Mais ça, ce n’est pas Satie, c’est moi (moi avec Satie, un siècle plus tard). Et un siècle plus tard, l’homme pauvre et solitaire ne fait pas figure d’incompétent technique. Un siècle plus tard, la «cadence» est enfin devenue une ponctuation dépassée, le «coût» s’est substitué à la «valeur», et le diatonisme émerge des eaux gelées du sérialisme; hideusement, sa carcasse gonflée a été purgée de toute vie, de toute identité. Satiele héros de ma jeunesse adolescente, provocateur et renégat. Menant un combat flou et, certains diraient, irréel, aux côtés de Ives et de Varèse. Bientôt, Busoni et Schoenberg les rejoindraient. Tout cela, capté au vol dans un moment de l’histoire. Le moment présent. Composé à l’intention d’Eve Egoyan, en songeant au caractère, à la profondeur, à la sensibilité du doigté et du phrasé dont elle illumine tout ce qu’elle joue : alchimie, authenticité, intrépidité. ~MF ERIK SATIE, like anyone else est une commande d’Eve Egoyan, avec l’appui du British Council. |
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